Camille Crettol revendique son statut d'artisan du vin.
NB *vins élévés en fût de chêne.
Dans vigneron-encaveur, il y a d'abord vigneron. Titulaire d'un CFC de caviste, mais aussi du double diplôme de viticulture et oenologie de Changins, Camille Crettol est avant tout un homme de la terre. Lui qui cultive 5 hectares de vignes n'en vinifie que 6000 mètres carrés. « J'encave par envie, par plaisir, par passion », confie-t-il avec un grand sourire.
Des parchets sélectionnés
C'est en 1995 que tout a commencé, avec du Fendant et du Gamay, déjà les cépages qui lui donnent droit aujourd'hui d'apposer le label Fully Grand Cru. Au fil des ans, la gamme s'est étoffée, mais raisonnablement. Pinot noir, Humagne rouge, Rosé, Assemblage de vendanges tardives et, depuis 2005, Merlot et Chardonnay sont venus s'y ajouter. « Dès 2006, j'encaverai encore une Humagne blanche. Ça devrait être le dernier vin de ma gamme », explique l'encaveur.
Camille Crettol a soigneusement sélectionné les parcelles dont il vinifie la production. « J'ai choisi de beaux terroirs, de beaux paysages, de beaux murs. Le "senti" de la vigne est important si l'on veut réaliser de jolis vins », plaide-t-il. Ces parchets, toujours les mêmes d'année en année, se situent sur Fully et Martigny. Et le vigneron les bichonne, joue du sécateur avec sévérité. Les rendements se situent entre 7 et 5 décilitres au mètre carré, histoire de bénéficier d'une matière première de grande qualité.
Les terroirs valorisés
Lorsque l'on évoque son travail de vinificateur, Camille Crettol manifeste des idées très claires. Il se livre d'abord à un plaidoyer pour la mise en valeur des terroirs. « Dans notre canton, nombre d'entre eux sont de très grande qualité. Nous devrions faire comme en Bourgogne, les valoriser et travailler sur l'adéquation avec le cépage. » Malgré la modestie de sa production personnelle, il se donne donc la peine de vinifier séparément ses chasselas ou ses gamay, de Martigny ou de Fully. Son Fendant Grand Cru provient de Branson/Fully, l'autre a prospéré aux Bans, à Martigny, un vrai terroir à chasselas ; son Gamay Grand Cru est issu de vignes de 45 ans dont les ceps donnent avec retenue des grappes aux petits grains. « Je cherche des rouges concentrés, de bonne vinosité », relève le Fullerain qui pratique des saignées, utilisées pour son rosé, et qui se déclare adepte des macérations préfermentaires à froid et des cuvaisons prolongées. Avec l'arrivée en production du chardonnay, Camille Crettol va pouvoir rendre une fois encore hommage à la Bourgogne voisine. « En la matière, le Chassagne-Montrachet constitue mon modèle », clame-t-il. C'est dire qu'il a soigneusement choisi un parchet jugé idéal, exposé mais point trop, au pied de la Bâtiaz. C'est dire aussi qu'il a opté pour un élevage en barrique. « J'espère réussir un vin d'équilibre, avec une belle acidité et une bonne vinosité ! »
On le devine aisément, avec une production de quelque 5000 bouteilles, Camille Crettol est un artisan du vin. L'équipement de sa cave est minimal, mais il peut heureusement compter sur la collaboration de collègues qui sont surtout des amis, à l'image de Marie-Thérèse Chappaz. Plusieurs de ses vins sont élevés en barrique : un de ses deux Pinots noirs, son Humagne rouge, son Merlot, son Chardonnay et son Assemblage de vendanges tardives. Et là, Camille Crettol innove : « J'assemble plusieurs cépages et différents millésimes. C'est un vin de plaisir et de passion. La composition du vin n'a aucune importance. » On saura juste que l'élevage en barrique est long, deux ans au minimum, que le dernier assemblage était constitué de quatre millésimes et que la maturité des grappes se situait entre 150 et 220 OEchslé. A découvrir !
©2009 | Contact : Alexandre Delétraz | Tél : +41 79 348 94 63| adviniviti@gmail.com